TOUTE NUE

d'aprés Feydeau et Noren

 

 

Mise en scène : Émilie Anna Maillet

Compagnie : Ex Voto à la Lune

Poste : Scénographie

 

 

 

Distribution

David Jeanne-Comello, Denis Lejeune, Marion Suzanne, Simon Terrenoire ou Mathieu Perotto et François Merville (batterie)

 

Équipe technique

Conception, mise en scène et dramaturgie Emilie Anna Maillet /  Scénographie Benjamin Gabrié  / Création vidéo Maxime Lethelier et Jean-François Batista Domingues / Création musicale François Merville / Création lumière et régie générale Laurent Beucher / Son Jean-François Batista Domingues  / Assistanat mise en scène et régie plateau Clarisse Sellier / Construction Benjamin Gabrié, Yohann Chemmoul et les Ateliers de la Comédie de Saint-Etienne / Stagiaire mise en scène Mathilde Wind / Stagiaire vidéo et cadrage Noé Mercklé / Réseau Thibaut Le Garrec / Avec l’aimable participation vidéo de David Migeot et Fabrice Pierre, ainsi que de François Kergoulay dans le rôle de Clémenceau / Administration et production Sophie Torresi / Diffusion Estelle Delorme et Géraldine Morier-Genoud / Relations presse Francesca Magni

1/9

Résumé

 

 

Comment décrypter aujourd’hui les symptômes de domination si génialement mis en jeu par Feydeau puis par Norén ? Qu’est ce qui, après 3 vagues de féminisme, perdure dans les relations de couple et les rapports de pouvoir ? Car si, aujourd’hui, l’égalité des sexes est inscrite dans la loi, force est de constater que la répartition des rôles et des tâches demeure fortement clivée. Et plus les enjeux de pouvoirs sont forts, plus l’absence des femmes dans l’espace public est criante.

Feydeau + Norén : aucun ajout ni improvisation. Les textes sont mixés, croisés, répétés. Les principes du vaudeville sont amplifiés par l’espace et la vidéo en direct : rythmique, courses poursuites, entrées imprévisibles, déplacements hors-champ, burlesque des situations. Les dialogues sont des motifs textuels et musicaux auxquels les personnages tentent en vain de se soustraire, pris en étau entre une vision schizophrénique de la femme et les injonctions de réussite faites aux hommes.
Se promener toute nue devient dès lors un acte de résistance. De là à penser que Feydeau a écrit un rôle féministe sans le savoir…

Scénographie

 

La scénographie, d'un premier abord classique, représentant un intérieur d'appartement dépouillé et minimaliste, dépasse l'espace visible du plateau en s'implantant jusque dans les coulisses du théâtre, nous permettant de travailler des espaces hors champs, filmés et diffusés sur les murs du décor principal. Par ce procédé, nous avons cherché sur une intuition d'Emilie Anna Maillet à inscrire dans différents espaces les dialogues "publics", tirés de Feydeau, et les dialogues "privés" tirés de Noren. L'espace est ainsi multiple, éclaté et labyrinthique, rappelant toujours à la contamination de l'espace privé par le travail de Ventroux, homme politique en représentation permanente. 

De cette idée de contamination, et de la résistance féministe de sa femme Clarisse, nous avons travaillé à représenter un espace qui pourrit de l'intérieur, dégradé par les actions de Clarisse. L'eau nous a semblé le médium idéal pour représenter ce phénomène, en faisant écho aux douches successives que prend Clarisse à la vue de tous. La scénographie ruisselle ainsi de cette même eau, une eau noire qui gangrène les murs,  comme si l'espace intime de la salle de bain contaminait l'espace.

Copyright © 2015, Benjamin Gabrié